de la terre aux images

La poésie d'un matin de printemps. 

Excusez, excusez !
Je vous raconte.

À la lecture de mon 1er site web d'artiste (j’étais paysanne officiellement), mon beau-frère m’a lancé :
— Pourquoi tu t’excuses partout ?

17 ans plus tard, cette foutue maladie du « excusez, excusez » est revenue. Tenace. Mais je me soigne ! (Ma naturo m’a prescrit une bonne dose de plantes pour me raffermir ; je ne sais pas si on parlait de la même chose mais bon.)

Bref. Ceux qui ont visité mes sites d’avant se demanderont peut-être ce qu’il s’est passé. Mais où est la couleur de mes images jolies ? Où sont mes fleurettes ? Mes macrophotographies (ici) ?
Mais globalement, c’est noir et blanc.
Ça dit les gris de la vie.

de la poésie terrienne

Oui : Je revendique toujours la poésie pour accrocher des étoiles dans les yeux des enfants. C’est important. Mais qu’on ne s’y trompe pas : la démarche n’est pas naïve : elle est réfléchie.

Il y a 15-20 ans, une copine d’atelier parents a lâché ces mots :
— Qu’on arrête de faire de nos enfants des « cibles » !
[cibles de messages de promo, enfant-roi, … et de messages “citoyens” : c’est aux enfants d’éduquer leurs parents récalcitrants au tri.]
Sa conclusion (devenue mienne) : l’adulte doit se responsabiliser.

C’est un peu la teneur de mes bouquins : Paysâmes et de tous mes projets. Donner à penser. Faire de la résistance pensive* dans un monde d’influenzia (où montrer son chat miaulant vaut + de likes qu’un sujet de fond trop long).

1 idée fixe et des grands gros projets de fond

Gamine éloignée de la culture, j’ai tôt dessiné mais fait des sciences (plus “porteur”, tu sais bien !). Je ne regrette pas : j’aime les Sciences. J’ai donc logiquement fait de l’écologie par goût pour la nature.
Parce que le travail de bureau (je débute enfermée en ville) manquait de concret, je choisis la Terre - je deviens paysanne, par envie, militantisme – et pour élever mes enfants, aussi.

Savais-je où je mettais les pieds ? Avec une enfance passée à la ferme, un peu. Mais pas tout à fait. « Entre la théorie et la pratique, il y a la vie » disait feu le mari de ma mère (la relation a fait pffffuit…).

Même si j’ai adoré boulanger, nourrir les Autres du meilleur, eh bien, comme le scorpion pique la grenouille qui la transporte, mon goût pour les arts n’a fait que grandir, grossir.

Photo, peinture, écriture : mon triangle d’or.

D’amatrice, je suis devenue artiste pro. Façon de dire car officiellement, je dépends de la chambre des métiers (allez comprendre !). Bref, j’ai peaufiné mes arts en œuvrant, labeurant souvent.

Après 10 ans à errer dans les labyrinthes de la création voilà : je crois être arrivée là où je devais être. Dans l’art conjugué avec citoyenneté. (Ouh, quel grand mot !).

“On” m'a trop reproché d’être en colère, souvent. Alors, évidemment, j’ai culpabilisé (pas bien d’être en colère !!). Oui, mais non. Ce sont les injustices qui m'énervent. Et l est des colères justes.

J’ai repensé au « Indignez-vous » de Hessel. Il faut savoir s’indigner, non ? Et agir. Moi, les manifs ? Pas mon kiff. Moi, ce sont les livres. Et là, oui, je crois être à ma place : autrice. Autrice et heureuse. Et fière. Fière de mes livres comme de mes pains, avant.

J’ai pris plein de murs ces dernières années. Des ratés, des décollages pffout (bruit de la chute) ! Le contexte la crise (…).
J’ai fini par vaciller. Douter. Mais d’autres – vous, toi, notamment lors de nos précieuses causeries – avez aussi su me redonner le courage et me faire prendre conscience de la valeur de mon travail – et de la mienne.
Alors, on y croit. Et on persiste.

Parce que celui qui a peur est un peureux.
Parce qu’il vaut mieux dessiner le monde que l’on veut.
Et le mien, il est quand même plein d’amour à semer.

Johanne

Bienvenue.
Finissez d’entrer.

Un tour d’univers